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Historiquement, la Camargue fait partie intégrante de la Provence, celle-ci s'étendant du Comté Niçois jusqu'à l'ouest de Nîmes, et au nord jusqu'à Avignon. S'il est vrai que la distinction est aujourd'hui très marquée entre la Camargue, tournée plein sud, et la Provence s'ouvrant vers l'est et l'arrière-pays alpin, elle est sans doute motivée avant tout par le fait que la Provence est plutôt rattachée dans les esprits au tourisme de la Côte-d'Azur, voire aux plateaux accidentés de l'arrière-pays, où pousse la lavande...
La Camargue est pourtant à 30km de Marseille, et guère plus d'Aix-en-Provence. Saint-Rémy et Les Baux-de-Provence, dans les Alpilles, sont également à deux pas d'Arles. Quant aux dialectes et patois que l'on peut encore entendre entre Istres et les Cévennes, ils sont tous apparentés à la langue de Mistral, et constituent ce que l'on appelle le provençal rhodanien. Pour autant, le voyageur passant de la rive droite à la rive gauche du Grand Rhône ne pourra qu'être surpris d'un tel changement. S'il est vrai que l'histoire et la culture rattachent incontestablement cette terre occitane à la région provençale, le rapprochement ne permet certainement pas de comprendre ce que la Camargue peut avoir de profondément spécifique. Terre de pêcheurs et d'éleveurs à la croisée des chemins, entre folklore provençal et influence catalane, mais aussi, terre de pèlerinages, la Camargue offre, en plus de ses paysages uniques en leur genre, une alliance des plus réussies entre plusieurs traditions, et entre plusieurs peuples. Aussi est-il plutôt paradoxal de trouver en Camargue, voire en Petite-Camargue, les plus beaux vestiges de la Provincia Romaine, à Arles bien sûr, mais également à Nîmes, avec ses propres arènes, la Tour Magne ou encore la Maison Carrée. |