Sara la Tsigane |
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Pour les Tsiganes donc, Sara est l’une des leurs qui vivait en Camargue avant l’arrivée des saintes. « L’une des nôtres, rapporte une tradition orale tsigane, qui reçut la première la Révélation fut Sara-la-Kâli. Elle était née de noble race et commandait sa tribu au bord du Rhône… Les Rom (les Tsiganes), à cette époque, pratiquaient une religion polythéiste et, une fois l’an, ils promenaient la statue d’ Ischtar (Astarté) sur les épaules et entraient dans la mer pour y étendre sa bénédiction. Un jour, Sara eut des visions qui l’informèrent que les saintes qui avaient assisté à la mort de Jésus allaient arriver. Sara les vit s’avancer sur une barque. Ma mer était mauvaise, l’embarcation menaçait de sombre. Sara jeta sa robe sur les flots et, s’en servant comme d’un radeau, elle vogua vers les saintes et les aida à gagner la terre. Les saintes baptisèrent Sara et prêchèrent l’Evangile… » Un cérémonial magique Seuls dans la crypte, durant la nuit du 24 au 25 mai, les Tsiganes viennent à tour de rôle toucher dévotieusement la statue, puis procèdent à la suspension de leurs vêtements ou de morceaux de tissus. Tel, du moins, se déroulait un cérémonial qui fut supprimé en 1955 et permettait de découvrir, à l’intérieur de l’église, une extraordinaire collection de ces objets familiers. Une boite vitrée accueille maintenant les offrandes, qui sont enlevées chaque jour.Au cour de la seconde partie du pèlerinage, les Tsiganes vont immerger la barque des Maries dont ils sont les porteurs. Si ce peuple auquel le concile de Trente interdit à lamais l’accès à la prêtrise s’associe aujourd’hui au culte chrétien, il voit moins dans cette cérémonie une bénédiction de la mer qu’un rite de fécondité et d’abondance. Les Tsiganes cependant n’éprouvent aucun dépaysement face à la mer. A la fin du XVIIIe siècle, il y avait quantité de familles tsiganes qui vivaient de la pêche. Dans le même ordre d’idée, rappelons les danses rituelles de la pluie, d’origine bulgare, auxquelles se livraient – la coutume a disparu depuis un siècle – les femmes tsiganes.Cette procession à la mer possède une très ancienne tradition. Elle se déroulait déjà à l’époque où plusieurs kilomètres de terres cultivées séparaient l’église du rivage. Retirée du contexte miraculeux du « débarquement » des saintes, elle se rattache, comme le souligne Fernand Benoit, « aux processions agraires et purificatrices qui nous ont été conservées par les fêtes des Rogations et du Carnaval. »
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