Une sainte venue d’Egypte? |
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Primitivement associée aux deux Maries, Salomé et Jacobé, Marie Madeleine alimenta bientôt un culte d’une telle ampleur que celui-ci devenu spécifique de la Sainte Baume, abandonna la Camargue. Pour rétablir la triade, l’orthodoxie religieuse en vint à « consentir » la présence de Sara, la servante noire. Mais le rôle de cette « sainte » non canonisée demeura toujours équivoque au sein de l’Eglise. Les traditions ne s’accordent pas sur son origine : selon l’Eglise, Sara vint de Palestine ; selon la geste tsigane, elle vivait en Provence avant l’arrivée des Maries.
Sara, dit la tradition chrétienne, était une Egyptienne, à la peau foncée, qui servait Salomé et Jacobé et les accompagna dans leur dangereux voyage. Pendant l’évangélisation de la Camargue, elle allait mendier parmi les bergers pour subvenir aux besoins matériels de ses maitresses. Si l’on en croit un roman dévot du XVIe siècle, c’est pour ce rôle que les Tsiganes l’ont adoptée. La même tradition ajoute que la mort de Sara est contemporaine de celle des Maries ; on l’enterra en leur compagnie. Il faut noter qu’au moment des fouilles de 1448, il ne fut aucunement question d’un troisième squelette. Ses reliques officielles furent « inventées » en 1496, mais cette « invention » demeure pleine d’incertitudes.On fit désormais à la fidele Sara une place particulière dans le culte des Maries, à l’intérieur de l’église. Mais on lui assigna pour résidence la crypte où elle siège aujourd’hui à coté de l’autel taurobolique. La chasse contenant ses reliques repose sur le cippe dédié aux Junons. |